L’AMF et l’ACPR ajoutent 26 sites non autorisés de Forex et de dérivés sur crypto-actifs
Les deux régulateurs financiers français ont de nouveau étendu leurs listes noires de sites internet proposant des investissements au public sans y être autorisés. Dans un communiqué conjoint publié le 9 juillet 2026, l’Autorité des marchés financiers (AMF) et l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) ont désigné une nouvelle série d’acteurs commercialisant des investissements sur le marché des devises non régulé (Forex) et des produits dérivés dont le sous-jacent est constitué de crypto-actifs. Si vous investissez depuis la France dans des dérivés sur crypto-actifs ou dans des produits de change, cette liste mérite d’être consultée avant tout dépôt.
Que dit exactement la mise en garde de l’AMF et de l’ACPR ?
Les deux autorités indiquent qu’elles mettent régulièrement à jour leurs listes noires de sites internet identifiés comme proposant des investissements sur le Forex et sur des produits dérivés dont le sous-jacent est constitué de crypto-actifs, sans y être autorisés. L’objectif annoncé est la protection des épargnants. Il faut souligner ce que les régulateurs reprochent ici : un défaut d’autorisation. Ces acteurs proposent ces produits en France sans détenir les agréments requis pour le faire. L’AMF et l’ACPR publient ces listes sous des rubriques consacrées à la prévention des arnaques, mais le communiqué lui-même n’énonce aucun constat sur tel ou tel acteur au-delà de cette absence d’autorisation.
Pourquoi l’absence d’un site sur la liste noire ne vaut pas autorisation ?
Une réserve du communiqué mérite d’être mise en avant. Les autorités précisent que ces listes, bien que fréquemment mises à jour, n’ont pas vocation à être exhaustives, du fait de l’apparition régulière de nouveaux acteurs non autorisés. L’absence d’un site de la liste noire ne prouve donc pas qu’il est autorisé. Cette distinction est décisive, et c’est la raison pour laquelle les régulateurs renvoient les épargnants vers les registres positifs plutôt que de faire de la liste noire le critère de vérification.
Combien de sites non autorisés ont été inscrits depuis le début de l’année 2026 ?
Depuis le début de l’année 2026, l’AMF et l’ACPR ont ajouté 31 sites non autorisés dans la catégorie Forex et 26 sites dans la catégorie des produits dérivés sur crypto-actifs, dont respectivement 15 et 11 au cours du deuxième trimestre. Les noms publiés dans ce communiqué correspondent aux acteurs ajoutés au cours des trois derniers mois.
Ce n’est pas la première action de ce type cette année. Nous avons couvert une précédente vague d’inscriptions de plateformes crypto non autorisées sur la liste noire de l’AMF, et le rythme trimestriel des ajouts s’est poursuivi depuis.
Quels sites ont été ajoutés à la liste noire Forex ?
Les sites suivants ont été désignés dans la catégorie Forex :
- auclimited.cc
- belgicainvest.ltd
- capitalreserveltd.com
- cyrosalnix.com
- finvoire.com
- fxtrading.com
- kantfinance.pro
- tellidex.io
- tradesverge.com
- vuxocap.co
- www.advantcrest.com
- www.mayfieldedu.com
- www.strath-well.com
- www.vantagemarkets.com/fr/
- www.vtmfr.com
Quels sites ont été ajoutés à la liste noire des produits dérivés sur crypto-actifs ?
Les sites suivants ont été désignés dans la catégorie des produits dérivés sur crypto-actifs :
- actualys.com
- arbitics.com
- ftexvip.com
- ftrxvip.com
- kamextrading.com
- marketsview.io
- terremassif.com
- token-invest.com
- tradelive.world
- trusteryai.com
- www.geldermans.com
Les listes consolidées des sites non autorisés à proposer des investissements sur le Forex ou sur les produits dérivés sur crypto-actifs sont disponibles sur le site Assurance Banque Épargne Infoservice (ABEIS), rubrique Prévention arnaques, ainsi que sur le site de l’AMF, rubrique Espace épargnants.
Comment vérifier qu’un intermédiaire est autorisé à opérer en France ?
Plutôt que de s’en remettre à la seule liste noire, les régulateurs orientent les épargnants vers les registres positifs. Pour vérifier que l’intermédiaire qui vous propose des produits ou services financiers est autorisé à opérer en France, le communiqué renvoie à trois sources :
- Le registre des prestataires de services d’investissement habilités, REGAFI, sur regafi.fr.
- Le registre des intermédiaires autorisés dans la catégorie conseiller en investissement financier (CIF), l’ORIAS, sur orias.fr.
- La liste des prestataires de services en financement participatif (PSFP), consultable sur le site de l’AMF.
Si l’intermédiaire ne figure sur aucun de ces registres, l’AMF et l’ACPR invitent fortement à ne pas répondre à ses sollicitations. Le motif avancé est qu’un tel acteur pourrait être en infraction avec la législation applicable et ne pas respecter les règles élémentaires de protection des investisseurs, de bonne information ou de traitement des réclamations.
À qui s’adresser si vous avez déjà été démarché ?
Le communiqué indique trois points de contact. L’AMF est joignable via son site amf-france.org, ou en appelant AMF Epargne Info Service au +33 (0)1 53 45 62 00, du lundi au vendredi de 9h à 12h30, au prix d’un appel local. ABE Infoservice, qui couvre les thématiques assurance, banque et épargne, est accessible sur abe-infoservice.fr ou au 34 14, du lundi au vendredi de 8h à 18h, numéro non surtaxé. L’ACPR est joignable sur acpr.banque-france.fr.
Pourquoi conserver votre propre historique de transactions ?
Du point de vue de la tenue de vos registres, il est utile de conserver votre historique de transactions indépendamment de toute plateforme que vous utilisez. Lorsqu’un prestataire s’avère opérer sans autorisation, l’accès aux relevés et aux outils d’export peut devenir aléatoire, et c’est un enregistrement local complet des dépôts, retraits et opérations qui vous permettra de reconstituer votre position par la suite.
Source : AMF
